Road trip canadien – Les rocheuses 2


Enfin le soleil daigne nous montrer le bout de son nez.
Nous quittons Banff pour Jasper, un parc plus sauvage et moins touristique quelques kilomètres plus au Nord. La route s’annonce magique, on nous la vend comme l’une des plus belles du monde… Et en effet, le paysage vaut le détour, plusieurs arrêts seront nécessaires pour profiter pleinement du panorama.


A mi-chemin se trouve le célèbre Colombia Icefield. Nous stoppons sur le parking, au côté des énormes cars rouges qui montent les touristes sur le glacier. Les roues au bas mot font 2 m de diamètre !



Ca ressemble fortement aux cars, passez-moi l’expression, « promène-couillons » parisiens, mais c’est tentant… Surtout que les conditions météo empêchant les randos à pied à l’assaut du glacier, nous n’avons pas d’autres choix pour y monter. Mais la tentation c’était avant… Avant de se retrouver dans le fourmillement de milliers de touristes dans l’office de tourisme.
1h30 de montée en car, pour se retrouver là-haut, dans une masse compacte d’appareils photos, puis faire une dizaine de pas sur la glace et repartir aussi sec… Comment dire… N-O-N merci !!





Heureusement, un petit bout d’ascension est possible et sans danger. Habillés et gantés chaudement, nous suivons un sentier caillouteux digne d’un paysage lunaire et complétement désert. Même si il ne nous amène pas très haut, la magie opère quand même pour notre plus grand plaisir !




Jusqu’à ce qu’une soudaine bourrasque nous amène la neige et un vent glacial. Il est temps de retourner à la voiture, poursuivre notre route.


Nous arriverons quelques heures plus tard enfin à Jasper, ville tout en longueur et beaucoup plus authentique et tranquille que Banff.





Un petit tour en ville et nous dégottons rapidement un B&B chez une petite dame prénommée Athéna, originaire de Grèce et installée au Canada depuis plus d’une trentaine d’années.
Nous logeons au sous-sol. Le lieu est un peu désuet et sent comme chez « mamie », mélange de lessive et de vieux meubles… Très calme et d’une propreté impeccable, c’est le genre de décor qui vous ramène en enfance et vous fait sentir en sécurité comme dans une bulle d’espace spatio-temporel.





Après une bonne nuit réparatrice, nous entamons notre première journée à Jasper, avec un grand soleil et, au programme, short et T-shirt + crème solaire pour une petite randonnée à pied de 13 km.
Nous sortons de l’office de tourisme avec un itinéraire conseillé, car plusieurs sentiers sont fermés, pour cause de présence importante d’ours. Sur le chemin, je commence à lire une brochure…





Autant dire que nous n’étions pas très rassurés, tout seul, au milieu de la forêt…
Bref, notre première rencontre animale, eu lieu lors de la première montée sur l’un des plus beaux belvédères de la région.
Vue imprenable sur la vallée avec comme compagnie Mr et Mme mouflon !





Si paisible comme bestiole, malgré leurs impressionnantes cornes que l’on aurait pu leur faire deux trois gratouilles sous la barbichette, je dis bien, aurait pu ! Nous croiserons également quelques wapitis à la fin de notre parcours et une petite dizaine de marmottes, en état d’alerte de part notre présence. Mais heureusement ou malheureusement aucune trace d’ours !





Malgré nos pieds meurtris par cette belle balade, nous repartons en fin d’après-midi pour une petite excursion au Maligne Canyon. Nous déambulerons sur plusieurs ponts de bois, au dessus d’une rivière tourbillonnante et tumultueuse et par certains endroits, à plus de 50 m de profondeur !





Nous finirons cette journée par un petit tour aux lacs Pyramid et Patricia en espérant croiser le bout du nez d’un ours ou d’élan… En vain !

Nous passons déjà notre dernière nuit à Jasper. Demain, pas mal de route nous attend pour rejoindre le Wells Grey Parc, le plus « sauvage » de notre parcours.
Sur les conseils d’un guide, nous faisons halte à mi-chemin aux alentours du lac Kinney. Quel bon conseil que celui-là, nous repartirons avec les plus belles photos de lac et sans croiser quasiment un seul touriste ! Seul regret, ne pas avoir eu le temps de partir en grande randonnée (38 km aller/retour) pour contempler le Berg lake et son glacier.




Avec une dizaine de km de plus dans les pattes, nous arrivons à Clearwater, petite ville qui sera la cible de nos moqueries affectueuses. Puisque nous venons d’atteindre le coin le plus reculé de notre voyage, avec son restaurant qui ne sert plus à partir de 20h et son fast-food low-cost.
Mais c’est sur les derniers kilomètres que nous attendra, notre première belle surprise, furtive, de la soirée :





La deuxième sera notre logement : le Wells Gray Guest Ranch.
Bienvenue au pays des Cow-boys canadiens !
Trouvé, presque par hasard, dans les pages d’un guide touristique de Jasper, ce ranch est un vrai havre de paix. Plongé au milieu des montagnes et de la nature, le temps semble être comme suspendu.





Une fois les affaires déballées, petit tour au saloon pour nous remettre de nos émotions et surtout pour réserver notre randonnée à cheval en compagnie de Gwen.


Petit bout de femme énergique et passionnée, qui a plaqué son métier d’informaticienne pour vivre de sa passion et travailler avec les chevaux.
Une rencontre telle qu’on les aime, riche et pleine de partage. Nous partirons pour une belle rando de 3h, avec : franchissements de rivière, montées et descentes sur sentiers escarpés et encore une fois, une belle surprise inespérée…





Revenu au ranch, la nouvelle a déjà fait le tour et sensation. Nous réalisons qu’une fois de plus, nous sommes très chanceux d’avoir croisé la route d’un élan !


Autre rencontre émouvante, fut celle avec nos voisins de chambre. En arrivant, nous avions remarqué leur 4×4 arnaché d’un énorme canoé.
John et David sont deux retraités, qui depuis une vingtaine d’années, partent chaque année une semaine ensemble, faire du canoë. L’un originaire des états-unis, l’autre canadien, ils se sont connus étudiants et colocataires et ne se sont jamais perdus de vue, depuis.
Au cours d’un petit déjeuner, entre pancakes au sirop d’érable et muffins aux baies, nous échangeons quelques bouts de nos vies pour un moment de partage court mais néanmoins fort.

C’est sur leurs conseils, qu’avant de quitter le Wells Grey Parc, nous partons découvrir la quatrième plus haute chute d’eau du Canada, Helmcken Falls.



Nous avions hésité un moment, avant de nous y rendre, car les chutes d’eau, on commençait à en avoir vu pas mal. Mais le spectacle en valait vraiment la chandelle, surtout que sur le chemin du retour, Dame Nature n’avait pas encore fini de nous gâter…



Voilà, une vingtaine de minutes en tête à tête avec une mère et sa famille… Nous resterons dans notre voiture à les observer tranquillement vaquer à leurs occupations, avant de reprendre notre route, conscients d’avoir vécu un moment inoubliable et privilégié.